Les grands singes menacés par le covid_19

Selon l’UNESCO et l’ONU, le covid-19 constitue une menace supplémentaire pour des espèces déjà menacées.

L’émergence des nouvelles maladies infectieuses peut être liées à différents facteurs : la destruction des habitats naturels convertis en espaces utilisés pour les activités humaines induit un rapprochement géographique des humains et de la faune sauvage mais également les risques associés aux conditions de promiscuité extrêmes sur les marchés d’animaux vivants entre des espèces qui ne se côtoient habituellement pas. 

Les grands singes (2 espèces de chimpanzés, 3 espèces d’orang-outans, et 2 espèces de gorilles) sont nos plus proches cousins dans le règne animal. Comme nous, ils peuvent contracter des maladies hautement infectieuses. Ainsi, dans les années 2000, des gorilles et chimpanzés sont décédés du virus Ebola ; dans certaines zones jusqu’à 95% des gorilles ont été décimés par cette maladie. Aujourd’hui, alors que le SARS-Cov-2 se propage sur toute la planète, les regards se tournent vers les grands singes. 

Bien qu’il ne soit pas encore connu si les grands singes peuvent contracter cette souche de coronavirus, le OC43, une souche de coronavirus transmis par les humains, a été dépistée  chez des chimpanzés en Côte d’Ivoire il y a quelques années. Ici encore, force est de constater que la proximité des populations humaines et animales, due principalement à la destruction de l’habitat naturel des grands singes, augmente les risques de zoonoses tandis que les activités humaines induisent parfois des pathologies chez les chimpanzés. 

Selon le dernier recensement des chercheurs du CNRS et de l’Université de Cardif, le chiffre déjà alarmant des populations restantes des grands singes oscillerait à ce jour entre :
● 720 gorilles d’Afrique de l’Est originaires des monts Virunga et la forêt de Bwindi à cheval entre le Rwanda, l’Ouganda et la République Démocratique du Congo, contre 100.000 gorilles de l’Ouest, vivant entre la République démocratique du Congo et le Nigeria ;
● 30.000 à 50.000 orangs-outans originaires d’Indonésie et de Malaisie ;
● 170.000 à 300.000, concernant les chimpanzés communs originaires d’Afrique centrale ;
● 10.000 à 15.000 concernant les bonobos originaires d’Afrique centrale ;
● 5 000 individus concernant les gibbons cendrés originaires d’Asie du Sud-Est.

Ces derniers chiffres révèlent une situation déjà catastrophique
concernant le déclin manifeste qui frappe les différentes populations mondiales de grands singes, hormis l’Homme : Gorilles, Orangs outangs, Chimpanzés, Bonobos et Gibbons.

Après l’alerte lancée par Johannes Refisch, directeur et coordinateur de programme au Partenariat pour la survie des grands singes des Nations unies, le groupe/section de spécialistes des primates de l’Union internationale pour la nature sur les grands singes et le groupe de spécialistes de la santé de la faune sauvage ont publié une déclaration commune, recommandant que « les visites de grands singes par l’homme soient réduites au minimum nécessaire pour assurer la surveillance de la sécurité et de la santé des grands singes », et insistent sur le fait qu’il est essentiel de respecter strictement les meilleures pratiques pour le tourisme lié aux grands singes et la prévention des maladies.